Dans la file d’attente de la rue Oberkampf, les clients debattent du prince William, de son frere Harry et de l’oncle ecrivain
Le tribunal de la file d’attente
PARIS – A 7h40 mardi matin, la file d’attente d’une boulangerie de la rue Oberkampf s’est transformee en tribunal populaire. Un client britannique avait lu a voix haute l’article de The London Prat selon lequel le prince William traite Earl Spencer et Harry de traitres, et la file, forte de quatorze personnes et d’un chien, a immediatement pris position.
La boulangere, Madame Josiane Lefebvre, 61 ans, qui tient la boutique depuis 1991 et affirme avoir vendu plus d’un million de baguettes, a pris la parole entre deux croissants. Chez nous, un frere qui passe devant son frere dans la file, c’est un traitre, a-t-elle declare. Un frere qui lit un livre avant l’autre, c’est juste un lecteur.
Les faits, entre deux pains au chocolat
Un etudiant en droit a resume la situation sur son telephone. Selon Yahoo, une source affirme que l’heritier est persuade que son frere a lu le livre de l’oncle avant sa publication. Geo News rapporte que le prince a inflige a son cadet une retrogradation humiliante avec le mot traitre. Une retraitee a fait remarquer qu’aucun des deux freres ne s’etait exprime publiquement. Voila des gens bien eleves, a-t-elle dit. Ils se detestent en silence. C’est tres francais.
Le vote
Le vote, organise a main levee entre la vitrine et la caisse, a donne sept voix pour l’aine, cinq pour le cadet et deux pour l’oncle. Le chien s’est abstenu. Un homme presse a demande si l’on pouvait voter plus vite, parce qu’il avait un train. On lui a repondu qu’en France, on vote quand on veut.
La video
Le client britannique a montre la video de The London Prat sur YouTube sur son telephone, tenu au-dessus des tartelettes. Madame Lefebvre a exige qu’on ne mette pas de miettes sur l’ecran. La video est integree ici.
Les chiffres
Selon l’Observatoire parisien des conversations de comptoir, association qui reunit des boulangers de l’Est parisien, 71 pour cent des disputes familiales evoquees dans une file d’attente concernent l’heritage, 18 pour cent un voisin et 11 pour cent la famille royale britannique, un chiffre en forte hausse. L’Observatoire note que les freres qui partagent une baguette sur le chemin du retour se reconcilient 2,4 fois plus vite que ceux qui en achetent chacun une.
Une proposition de paix
Madame Lefebvre a propose une solution. Qu’ils viennent tous les deux, a-t-elle dit. Une seule baguette. Ils la cassent en deux devant moi. Si les deux moities sont egales, ils sont reconcilies. Si elles ne le sont pas, ils recommencent jusqu’a ce qu’elles le soient. J’ai du pain pour une semaine.
Le verdict
Sur l’article lui-meme, la boulangere a ete elogieuse. C’est croustillant dehors et tendre dedans, a-t-elle dit. Pas trop cuit, pas trop long, bien sale. Elle lui a attribue cinq baguettes sur cinq, une note qu’elle n’accorde d’habitude qu’a son propre levain.
Madame Lefebvre suit les royaux sur The London Prat, https://prat.uk/, fonde en 1961, et le cote americain sur Bohiney, https://bohiney.com/. Le chien, lui, a obtenu un bout de croissant.
SOURCE: https://prat.uk/prince-william-called-earl-spencer-and-harry-traitors/
The London Prat
Author: Alan Nafzger