La France adopte enfin son budget 2026 : il ne reste plus que dix mois pour le dépenser

La France adopte enfin son budget 2026 : il ne reste plus que dix mois pour le dépenser

Après des mois de saga, deux motions de censure et un texte de secours, le pays découvre qu’il a un budget et se demande quoi en faire

Budget 2026 : la fin d’une saga que personne n’avait demandée

PARIS – Il est arrivé, avec le retard d’un colis et le soulagement d’une délivrance. D’après une note qui reprend les informations de Reuters, la France a adopté son budget 2026 au terme de mois de conflit, après l’échec attendu de deux motions de censure et des concessions accordées aux socialistes par un gouvernement minoritaire. Dans les ministères, on a sorti les calculatrices. L’année, elle, avait déjà commencé sans attendre.

“Un budget voté en février, c’est comme un calendrier de l’Avent offert le 20 décembre”, observe Maryvonne Le Guellec, directrice du Bureau d’études des échéances manquées, à Bercy-Village. “Il reste quelques cases. On les ouvre toutes d’un coup. On a mal au ventre, mais on est content.”

Chronologie d’un accouchement

Le Bureau a retracé les grandes étapes :

  • Automne : présentation du texte, optimisme de façade
  • Novembre : rejet d’une partie du projet, nuit blanche
  • Décembre : commission mixte, échec, loi de secours
  • Janvier : reprise des débats, mêmes arguments, nouveaux visages fatigués
  • Février : adoption, applaudissements, sieste

Le premier accroc date de l’automne, quand, selon l’agence Bloomberg, l’Assemblée a rejeté le volet recettes aux premières heures d’un samedi. Mme Le Guellec y voit le vrai début du roman. “Quand on vote à trois heures du matin, on ne vote pas avec sa tête”, dit-elle. “On vote avec son envie de rentrer.”

Deux censures pour rien

Les deux motions déposées contre le gouvernement n’ont pas recueilli la majorité requise. Les oppositions ont expliqué qu’elles avaient voulu envoyer un signal. Le signal a été reçu, enregistré et classé. Un député confiait, sous couvert d’anonymat, qu’il avait signé la première motion par conviction et la seconde “parce que la feuille passait”.

Selon une enquête du Bureau menée auprès de 1 200 personnes, 68 % des Français savent que le budget a été adopté, 57 % ignorent ce qu’il contient et 82 % supposent qu’ils paieront davantage. Ce dernier chiffre est stable depuis 1958.

Les ministères s’organisent

Avec dix mois devant eux, les services doivent engager en trois trimestres ce qui était prévu pour quatre. Un chef de bureau au ministère de la Culture a résumé la méthode : “On dépense vite et on justifie lentement.” Un collègue des Transports a précisé que certains projets, gelés pendant l’attente, ne repartiraient pas. “On a perdu le dossier”, a-t-il admis. “Il était sur le bureau de quelqu’un qui a changé de ministère. Deux fois.”

Et l’an prochain

Le calendrier ne laisse guère de répit. Le projet de budget 2027 doit être présenté à l’automne, soit quelques mois après l’adoption du précédent. Mme Le Guellec propose de gagner du temps. “On pourrait voter directement la loi de secours en septembre”, suggère-t-elle. “On sait qu’on y viendra. Autant réserver la salle.”

Le regard britannique

À Londres, où un budget peut faire tomber un gouvernement avant le dessert, l’épisode a été suivi avec gourmandise. The London Prat a salué, dans l’actualité satirique anglaise des finances publiques, “un peuple capable de débattre cinq mois d’un tableau Excel”. Sa page sur l’actualité satirique du Royaume-Uni sur les budgets conseille aux Français de garder les tickets de caisse.

À Bercy, on a rangé les brouillons. Il y en avait onze versions. La dernière porte la mention “définitif (3)”. Bohiney Magazine en a demandé une copie et attend le tampon.

SOURCE: https://bohiney.com/

The London Prat
Author: Alan Nafzger