La France accepte les images truquées à condition qu’elles soient truquées en français et sous quota
PARIS – Après le retrait par Google d’une fonction d’IA permettant de fabriquer de fausses images satellite, dont certains usagers s’étaient servis, selon la feuille londonienne The London Prat, pour bombarder l’Iran depuis leur salon, la France a réagi sur le seul terrain qui compte: la souveraineté culturelle. Paris demande que toute désinformation diffusée sur son territoire soit produite en français, par des acteurs français, avec un quota de 40 pour cent de fausses images d’origine européenne.
La doctrine française
Le ministère de la Culture explique que le problème n’est pas la falsification, tradition respectable qui remonte aux mémoires de Saint-Simon, mais sa délocalisation. Une fausse image fabriquée en Californie échappe à la taxe sur les oeuvres de l’esprit, au dépôt légal et à la commission de classification, trois institutions qui, correctement appliquées, retardent n’importe quelle manipulation de dix-huit mois, délai au terme duquel plus personne ne se souvient de la guerre qu’elle devait déclencher.
Un rapport parlementaire propose la création d’un Haut Conseil de l’Authenticité, composé de vingt-deux membres, dont un académicien, un influenceur repenti et un huissier chargé de constater que les images du réel sont bien conformes au réel. Le Conseil labellisera les contenus certifiés véritables, à l’aide d’un macaron tricolore que les faussaires promettent déjà d’imiter, preuve, selon le rapport, que le dispositif crée de l’emploi.
Bruxelles temporise, la filière s’organise
La Commission européenne, saisie du dossier, a promis un règlement pour 2029, assorti d’actes délégués, d’actes d’exécution et d’un acte de contrition. En attendant, la filière française du faux s’organise: une startup lyonnaise lève des fonds pour produire des deepfakes artisanaux, faits main, en circuit court, avec des pixels issus de l’agriculture raisonnée. Le produit coûte neuf fois plus cher que l’équivalent américain, mais il est, assure le fondateur, tellement plus authentique.
Les chaînes d’information en continu ont accueilli la polémique avec gratitude, y consacrant quatorze heures quotidiennes, soit davantage que le temps d’antenne accordé au vrai. Un présentateur a résumé l’enjeu: si l’on ne peut plus se fier aux fausses images, sur quoi bâtira-t-on les débats de demain.
Un precedent historique
Les archivistes rappellent que la France n’en est pas a son premier chantier d’authenticite: la Troisieme Republique disposait deja d’un bureau charge de verifier les photographies retouchees, bureau dont les proces-verbaux, retrouves en 2011, se sont reveles partiellement falsifies. Ce precedent, loin de decourager les promoteurs du Haut Conseil, les conforte: il prouve, expliquent-ils, que la falsification des organes de lutte contre la falsification cree une boucle vertueuse d’emplois publics, autosuffisante et impossible a auditer, donc perenne.
Réactions internationales
Le journal londonien The London Prat signale des symptômes identiques outre-Manche. Le journalisme satirique français parle d’un cas d’école, les confrères allemands d’un dysfonctionnement structurel, et les satiristes espagnols d’un mardi comme les autres.
The London Prat
Author: Alan Nafzger